29 avr. 2006
La docteuse et le petit gris
Hier, monsieur et madame Népalais et leur fœtus - sacré fœtus - sont allés
chez le docteur du vagin, de l’utérus et du reste.
Dans le cabinet, madame, recouverte du nombril aux pieds par une feuille de
papier rose, s’est fait badigeonner le bidon d’un gel visqueux et bleu
ciel. Monsieur tenait la main de madame et regardait fixement un moniteur désespérément
noir pour l’instant.
25 avr. 2006
Le monde virtuel n'existe pas*
* puisqu'il est virtuel.
24 avr. 2006
Maman pancakes
23 avr. 2006
Madame PP et monsieur Madelin
Madame Prunier-Perlerin se porte bien. Son ventre s’arrondit au rythme des
tartines beurre de cacahouète / confiture aux groseilles qu’elle s’enquille
sans la moindre culpabilité, affalée dans le sofa comme une grosse sangsue
alitée. Si vous trouvez que le tableau n’est pas flatteur, c’est que vous
n’avez rien compris. Avoir des milliers de cellules qui se multiplient dans le
ventre n’apporte pas que des plaisirs inorganiques psychomachins. Ca donne
aussi le droit de se reposer, de jeter un regard amusé sur des années de labeur
et de se laisser vivre pour quelques mois. Si le pouvoir est un nom masculin, la liberté est féminin.
Mais - car la vie est ainsi faite qu’il y a toujours un mais – les amis manquent.
C’est plus fort que tout. Plus fort que les vendredi soirs au cinéma parce que
le cinéma c’est tout de même sortir. Plus fort que les samedi soirs au
restaurant, parce que le restaurant c’est tout de même sortir. Plus fort que
tout.
Alors mardi dernier, les népalais sont allés dîner dans un restaurant de
Dupont Circle où s’étaient donné rendez-vous les francophones de DC. Pendant
presque trois heures, ils ont pu échanger avec les Bac+12 de droite qui, comme
eux, se plaignent des difficultés qu'ils rencontrent pour lier des amitiés avec les autochtones.
Une
affaire à suivre…
12 avr. 2006
Népané
Bonjour,
Pour l'instant, je m'appelle népané.
J'ai 9 semaines 7 jours. J'ai été conçu à New-York, ou pas très loin. J'ai la tête aussi grosse que le ventre et quatre moignons qui me font office de membres. Si je nais ici, je serai américain. Comme ça, lorsque papa et maman reviendront dans leur pays, je pourrai crâner dans la cour de récréation. Et puis, si Sarkozy arrive au pouvoir et que ça tourne vraiment au vinaigre, je pourrai revenir ici. Je suis tranquille.
Ma maman va bien même si elle dit que pour l'instant, je lui coûte cher en sous-tif'. Je l'empêche parfois de dormir parce que la nuit, je joue avec ses hormones. C’est vraiment très rigolo. Je lui donne faim toute la journée parce que j'aime bien le bruit que font les aliments dans ses intestins.
Papa lui dort très bien. Le soir, il met la main sur le ventre de maman et raconte des conneries comme quoi je vais devenir défenseur des baleines ou la prochaine American Idol. Ca fait beaucoup rire maman. On s’amuse bien.
Maman et papa ont des amis et des familles formidables. Ils ont reçu pleins de mails, de machins et même des fleurs depuis qu’ils ont dit que j’existais. Ca leur a fait rudement plaisir.
Je vous embrasse. Je vous aime déjà autant qu'eux.
A bientôt
Népané
11 avr. 2006
Bonne nouvelle
04 avr. 2006
Lonesome Nepaloose
Le film s’intitulait Lonesome Jim - presque de Tom Dicillo puisque c’est un Steve Buscemi ; un film forcément très drôle sur des gens qui ont finalement renoncé à être heureux dans la vie.
Les népalais revenaient du cinéma E! Street, sur la E Street de Washington DC, la capitale du pays numéro un du monde entier. Pendant quatre stations de métro, ils ont discuté en français et à voix haute, de leur pays, des trente cinq heures et du chômage avec un vieux monsieur qui devait être argentin, ou un truc comme ça, mais qui en tous cas, connaissait bien la France puisqu’il leur a même raconté un anecdote où il était question de crevettes chinoises déversées dans le port de Cherbourg par des marins-pêcheurs en colère. La népalaide était tellement passionnée qu’elle est devenue toute rouge et s’est mis à hurler dans le wagon pour défendre Martine Aubry.
On s'est bien marré.
C’était vain, c’était animé, c’était bien.






